CriTAIRE de beauté

      Eclate les diktats x8

Il est 6h00. Lever. Et déjà première pesée.
Ta balance est déficitaire depuis le dernier relevé.
Tu contrôles et ça te plaît.
Petit-déjeuner frugal. Le compteur de tes calories s’enclenche 500 cal résiduelles pour une journée complète, idée fixe habituelle.
Tu masques le creux de tes yeux, relève le peu de tes cheveux, attrape le bus et atteins le lycée.
En passant les grilles pour éviter leur pitié, tu t’agrippes à ton sourire.
Déjà, tu n’as qu’une seule idée en tête. L’obsessionnelle quête de la perte.
Du poids mais de toi aussi.

Tu t’attaches à l’idéal rêvé. Un corps discret et peu épais.
Une certitude obstinée ; changer c’est ce qui pourra te soulager.
Je vois bien à quel point tu te détestes.
J’aimerais suturer les marques de ton hostilité et les mots justes trouver
En attendant, je peux te dire à quel point t’es belle ici et maintenant, sans aucun changement.
Tu sais, moi aussi, j’aurais eu besoin de croire en ces mots, il y a quinze ans.
Et depuis, même si j’en ai refait quinze, mon estime n’en a toujours pas trente
Pourcent, au fil des âges
Alors, je veillerai, à ce que grandisse ton pourcentage.

L’anorexie, c’est un trouble du comportement sociétaire.
D’une société aux injonctions contraires.
Qui célèbre la maigreur plastifiée des revues sans contenu mais éjecte le trouble alimentaire.
Un corps qui montre sans pouvoir le cacher un mal diffus.
Or, la société n’aime pas quand le mal est démasqué.
La détermination suicidaire à perdre de la matière, c’est la responsabilité d’une société de culpabilité.

      T’es belle sans critères
      Sans conditions sectaires
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Et toi !?
Tu rêves d’habiller des cintres à l’agonie pour donner vie à tes croquis.
De grandes et rachitiques esquisses qui cultivent ton narcissisme mais imposent un aménagement anatomique de nos modèles physiques.
1m80, taille 32, pour l’instant, on n’a pas trouvé mieux.
Une fusion créative de la taille adulte et des mesures enfants.
Un non-sens évident qui règne pourtant en dogme
dans la mode et en dehors de son monde.
A force d’avoir confondu les mannequins à leurs homographes bustes en plastique
Vous avez plastifié la chair, désincarné des vies
Cessez de déshumaniser, robotisez !
Des portants, sans panse et face figée
Qui défilerons sans manger sans aucun malaise.

Depuis plus d’un siècle, la haute couture cultive l’idée sectaire que l’élancé est le symbole de la beauté.
Chercher la grandeur ? N’est-ce pas c’est l’outrecuidance d’un homme vaniteux qui souhaite toucher de ses doigts le ciel divin ?
Restons modestes, le sol terrien, c’est aussi bien.
Surtout, la beauté c’est la multiplicité. Une diversité qui devrait taire les critères.
Pourtant, combien de temps faudra-t-il pour que toutes les beautés soient représentées dans tes défilés ?
Le corps maigre de tes modèles fait rêver les beautés exclues
Alors, prêtes à s’écharper pour y participer.
Et appartenir à un nouveau monde dans un nouveau corps
Pour échapper à la douleur.
C’est le fantasme de l’inabordable.
Un élan cultivé par ta spécialité.
Pour exister, le luxe exclut. Inaccessible, il devient le rêve de ses exclus.
En étirant tes mailles, tu ne fais qu’en accentuer l’attrait
Attraction de l’inaccessible ou véritable génie ?
Imposer la diversité dans tes collections, ce serait une belle et ingénieuse folie !

      T’es belle sans critères
      Sans conditions sectaires
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Je te quitte. T’as réussi.
Mais avant de partir, j’ai quelques mots à rugir.
Je te félicite d’avoir contribué à la déflagration de mon estime.
Tu l’as subtilement réduite à néant, en assénant tes acerbes verbes.
La cellulite qui orne mes cuisses ne ressemble pas à l’aspect cireux de ta poupée.
T’étais perdu au sein de mes amas adipeux.
Pourtant, ils t’ont attiré comme une proie la première fois.
Paradoxalement confus, tu oscilles entre regard lubrique et écœuré.
Perdu dans le fil de la toison insignifiante, des filles de la toile,
Tu t’offusques contre tout ce qui dépasse et rêve d’une gonzesse lisse et insipide.
De jambes asséchées de graisse,
Celles de tes potes qui bouffent de la prot’ ?
Avec eux, tu pourras faire toutes tes sextapes
Ils porteront à merveille toutes les nuisettes et jupettes que tu m’imposais.
Sur le marché des rencontres, tu slides avec avidité pour te faire adopter
Pas plus d’une nuit, il ne faudrait pas exagérer.
Tu consommes en masse les denrées proposées. De parfaites cavités pour vider ta masculinité.

Quand tu sortiras de ce monde synthétique, tu seras en sueur de dégoût. De toi.
Je te souhaite de le vivre un jour.
Et d’ouvrir ton monde au bonheur de celui ou celle qui sera ton rêve.
Tronquer l’artificialité contre la vivacité. Celle d’un regard inopiné qui viendra te gifler d’une étreinte interminable.

Ceux qui veulent vous changer pour vous aimer, construisent en vous leur image souhaitée.
Fuyez !

      T’es belle sans critères
      Sans conditions sectaires
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Il est temps de nous réveiller !
Le fantasme de la minceur c’est l’ironie d’une société qui se rejette.
On surconsomme avec rapacité nos denrées mais désire des corps à la minceur pétrifiée.
L’objectif de silhouette dénutrie dans un monde de profusion nutritive, c’est une invective paradoxale qui construit et cultive nos complexes.
Alors même, si on a grandi sous de multiples injonctions,
Les identifier, c’est le début de la clé

Refusons l’attribution genrée des silhouettes.
Vous savez, l’invitation pour la gente féminine à perdre du poids pour devenir transparente dans une société qui l’avilie. 
Alors que les hommes doivent gagner du muscle pour asseoir une virilité dictée, forcée et s’injecter de masculinité anabolisée.

Et toi, qui masques ta beauté,
Balance tes clichés photoshopés. Ils neutralisent ta singularité.
Je te veux toi, ta peau, tes rides, tes fesses, tes cernes.
Laisse défiler le flux des réseaux
C’est le bal masqué de poupées aseptisées
Avec leurs filtres, ils donnent l’illusion d’une vie rêvée.
Une vie de clichés, qui scintille la perfection sur tous les posts.
Pourtant, naturellement, sans retouches, sans de multiples couches, on est tellement plus-que-parfait.

Et fuyons les messages médiatiques d’une féminité juvénile, sans signe de l’âge.
C’est l’appel d’une industrie de la chirurgie qui nous plume et pique au botox
Mais la beauté figée à coup de scalpels, c’est de l’intox.
La beauté est pérenne. Elle ne s’arrête pas à la trentaine.
Et notre meilleur allié à tous les âges, ce n’est pas l’anti-âge mais la singularité et notre message.

Eclatons les diktats à coup de fierté de notre unicité.
Formons, le défilé haute désinvolture, sans uniformité.
Tous les jours, à chaque instant, unies, dans notre pluralité
52 fashion week éclectiques de street fashion électrique.
De looks qui pour vous plaire pourront déplaire.
A la police de la mode. Cette partiale milice
Qui impose son idéal de la beauté pour nous inciter
A nous défaire de notre carte bancaire
Le prisme du fashion faux-pas culpabilise nos choix
Et étouffe la diversité du prêt-à-porter
Alors, met ce qu’il te plaît !
S’il te plaît, met ce qu’il te plaît !
Alors s’il te plaît, met ce qu’il te plaît !

Célébrons notre enveloppe charnelle, celle qui nous donne tant de plaisir. Et FAISONS TAIRE, LES CRITERES de beauté.

      T’es belle sans critères
      Sans conditions sectaires
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T’es pas commune, communauté,
De masques, de faux défauts en masse,
Chacune beauté n’est comm une,
Les femmes uniques belles comme aucune,

Chance, la différence en est une sans qui rien n’a de sens
Chaque étiquette déforme, étrique et jette hors normes
Les beautés pas communes mais hors communauté
Qui déconne de canons codés

      T’es belle sans critères
      Sans conditions sectaires
      x2

Belle, c’est elle, et le béat de beauté.
Belluaire, lapidaire qui la révèle,
Pas de double B d’une crème teintée,
Mais une clé que l’on sème en elle,

Qu’être belle, c’est être celle qui est, telle qu’elle
Avec ses aspérités, ses riches banalités,
Le plein de jolies rides de rires d’une vie sans brides
D’ivres libres éclats de vie

      T’es belle sans critères
      Sans conditions sectaires
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      T’es pas une équation standard
      de calcul ringuard
      une morphologie figée
      dans un cercle carré.

Il est acquis qu’elle est une quête
D’une plastique enveloppe parfaite
C’est erroné, elle est innée
Le corps en est décor, pas ravisseur

Enflammée en femme, défile fière et défie
Les, Même sans fards, sans palettes, et sans paraître,
De tes formes et tes ridules, leur norme ridicule
T’es parfaite sans cette quête.

      T’es belle sans critères
      Sans conditions sectaires
      x8

      T’es pas une équation standard
      de calcul ringuard
      une morphologie figée
      dans un cercle carré.

Nue ta nuque

De ce concert, j’aurais aimé ne retenir que l’émotion narrative d’un chanteur/auteur authentique.
Mais ce soir, c’est une partie de toi qui m’a giflée, de manière poétique.
Tout débute précipitamment. Dès notre tardive arrivée, les lumières se coupent.
Nous rejoignons l’extrémité, droite, de la scène.
Heureux incident de placement qui m’ouvre le champ, libre, d’une scène unique.
L’attention générale est aux premiers phrasés, percutants de l’artiste.
Alors, je balance mon regard jusqu’à lui. En fait, je tente. Puis d’un pivotement asymétrique, la scène, la mienne, devient envoutante.
Aubade balistique.
Je me perds dans le creux de ta nuque et tous mes engagements deviennent, caducs.

Je dois le dire, je me suis promis beaucoup de choses ce soir, avant de venir.
De t’accompagner à ce concert, sans céder à ma folle envie,
A la tienne, aussi.
Ignorer tes regards aigus qui incendient en s’attardant généreusement dans la transparence de mon corsage.
Ne pas lire entre les lignes, décousues de tes textos, brûlants
Tenter, de rester sage.

Et c’est innocemment, que ta nuque, dénudée, en un rien de temps, pulvérise ma vertu, malmène, brusquement, ma détermination.

      J’ai passé plus de temps à rêver ma vie qu’à rêver vraiment.
      ça ne m’a pas laissé beaucoup de temps pour vivre la vie, vraiment.
      Alors je rêve que tes envies rejoignent mes rêves, doucement.

Ton col lâche, m’attache, démasque nos tabous en découvrant ton cou.
Je jalouse les lumières qui jouent sur ta jugulaire.
J’envie les maillons de ta chaîne, que ta respiration libère.
Douce secousse. Accélération. J’enchaine avec l’attache de ta bride, que je détache en songe.
Glissement ardent.
Ta nuque, c’est un carrefour parfait où je rêve de chercher ma route. Descendre ou monter. Tout me fait vibrer.
Alors j’ai envie d’atomiser les verrous moroses, qu’on s’impose et d’attraper ce rêve.

      Refrain

De toutes ces années, à rêver, je suis devenue experte en fiction.
Je pourrais t’en construire des scénarios.
De tous, tu serais mon égérie, ma folie, ma sublime envie.
Je subodore nos corps
On s’embraserait, tu m’envouterais.
Je te le promets.
Je sens déjà palpiter mon cardio, ma pulpe cramer, abraser sous ta peau.
Je redécouvre des sens.
On s’extirpe loin de toutes leurs convenances.
J’oublie tout et cède à ma rêverie

Clôture, rappel, dernières notes.
Les lumières se coupent et congédient ma fantasmagorie.
Abrupte, la chute.
Ma raison retrouvée résiste à ton incitation
Un dernier verre serait insensé.
Il viendrait, je le sais, ébranler l’harmonie, ta vie, celle que t’as construite avec lui.
Ma fragile rémission. Mes blessures pourraient altérer ton harmonie.
C’est à distance que je t’observerai et détournerai mes yeux, quand tu dévoileras, nue ta nuque en soulevant tes cheveux
Alors, c’est dans mes rêves que je me souviendrai de cette apogée, optique.
La revivre, en vrai, intensément, me brûlerait.

      J’ai passé plus de temps à rêver ma vie qu’à rêver vraiment.
      ça ne m’a pas laissé beaucoup de temps pour vivre la vie, vraiment.
      Alors je rêve que tes envies rejoignent mes rêves, intensément.

Cauchemar citadin

J’atteins l’acmé,
En ton sein, je perds pieds.
A peine effleurée,
Je suis vidée.

Inerte, j’implose.
La chaleur m’envahit.
T’es brûlante parfois.
Tu le sais ?

      Je t’habite quand tu m’abîmes.
      Je t’évite.
      J’implose quand tu m’exposes.
      Je te quitte.

En vrai, tu viens taper mon équilibre
Tu happes mon sou(ffle) pire
Tu libères mon cor(corps) tisol (t’isoles)
J’ai peur sans cam isole
Moi

      Refrain

Mon cortisol se réjouit.
Il étrangle mes synapses
De disparaître, j’envie,
Ton vide habité, ankylose ma fuite.

Toutes les substances échouent face à mon champion agité,
Cet encéphale aiguisé.
L’ultra performance de la phobie

      Refrain

Et toi, tu sublimes mon impossibilité
A être des leurs,
Que de logorrhées lobotomisent.
Mais cette laideur est la norme

Et pourtant, j’aime ta beauté,
J’ai souvent envie de te parcourir,
Si tu pouvais atténuer
Mon incapacité

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